Vos experts métier conçoivent des formations. Et après ?
Le 17 septembre 2026, e-learning Letter publie le retour d’expérience de Safran University sur son dispositif « Digital Learning Starter ». Derrière le nom, un constat que beaucoup d’organismes partagent : les contenus de formation ne sont plus produits par des ingénieurs pédagogiques, mais par des experts métier à qui personne n’a appris à concevoir.
Le formateur occasionnel a un cousin qu’on ne nomme pas
Le formateur occasionnel est une figure connue : le salarié expert qui anime une session deux fois par an. L’ingénieur pédagogique occasionnel (IPO) l’est beaucoup moins. C’est la même personne, mais en amont : celle qui transforme son savoir-faire en module e-learning, en vidéo, en quiz.
Les chiffres donnent la mesure du phénomène chez Safran. Le réseau « Safran enseigne à Safran », lancé en 2022, compte aujourd’hui plus de 750 producteurs de contenus digitaux. Depuis janvier 2026, 78 collègues ont été accompagnés et plus de 370 vidéos produites. Plus de 80 ingénieurs pédagogiques occasionnels ont déjà suivi le Starter.
Face à cette demande, l’université interne a fait un choix structurant : ne pas produire à la place, mais rendre capable de produire. Elle se positionne en « centre d’expertise avec une logique de service », et décentralise la production.
Partir des problèmes du terrain, pas de l’offre
L’originalité du dispositif tient à sa construction. Plutôt qu’un catalogue générique — fondamentaux de la pédagogie, classe virtuelle, usages de l’IA —, le Starter part de six situations concrètes, présentées comme des « expéditions » :
- transformer un PowerPoint existant en e-learning ;
- construire une formation à partir de zéro ;
- adapter un contenu à un public international ;
- redynamiser une formation vieillissante ;
- rendre des vidéos accessibles en anglais (traduction, sous-titres, IA) ;
- coordonner une formation conçue à plusieurs experts.
Chacune correspond à une difficulté réellement remontée. Le Starter est le premier niveau d’une filière progressive — Starter, Auteur, Booster, Booster+ — qui va jusqu’à la certification des compétences acquises.
Ce que ça change pour les organismes de formation
Reconnaître que le problème existe aussi chez vous. Dès qu’un formateur indépendant, un consultant ou un expert métier produit un support, vous avez un ingénieur pédagogique occasionnel dans votre dispositif. La question n’est pas s’il faut le professionnaliser, mais avec quel niveau d’exigence.
Ce sujet est devenu un enjeu d’audit. Le référentiel national qualité qui entre en vigueur le 1er novembre 2026 renforce les exigences sur le suivi du distanciel et introduit la notion de référent pédagogique par formation au-delà d’un certain nombre d’intervenants. Un dispositif de professionnalisation de vos concepteurs occasionnels alimente directement le critère 5 (compétences des personnels) et sécurise le critère 3.
Copier la méthode, pas le format. Un groupe industriel peut financer une filière en quatre niveaux ; un OF de dix personnes, non. Ce qui est transposable, c’est le principe : partir de deux ou trois situations réelles rencontrées par vos intervenants, et produire pour chacune une fiche méthode, un gabarit et un exemple commenté. Un kit de trois pages bien ciblé vaut mieux qu’un module de sensibilisation de deux heures.
Positionner une offre. « Former les formateurs occasionnels à concevoir du digital learning » est un besoin d’entreprise documenté, rarement couvert, et qui touche les fonctions L&D comme les directions métiers. Pour un organisme positionné sur l’IT et le consulting, c’est un segment adjacent naturel.
Tracer la boucle veille → offre. Si ce constat vous conduit à créer ou modifier un programme, la séquence — article source daté, analyse interne, fiche programme révisée — constitue une preuve directement mobilisable au titre de l’indicateur 26.
Source : e-learning Letter – Montée en puissance des ingénieurs pédagogiques occasionnels : le « Digital Learning Starter » de Safran University, par Jean-Roch Houllier (17/09/2026) Indicateur Qualiopi : n°25 – Veille sur les innovations pédagogiques et technologiques


