En 2026, ignorer l’empreinte carbone de son système informatique n’est plus seulement une faute écologique — c’est une non-conformité réglementaire. La directive européenne CSRD l’a rendu officiel : plus de 50 000 entreprises doivent désormais publier des indicateurs précis sur leurs émissions numériques.
Ce que la CSRD exige concrètement des équipes IT
La Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) impose des reporting extra-financiers standardisés. Pour le numérique, cela signifie quantifier les émissions carbone liées aux équipements, aux usages cloud, aux data centers et aux logiciels — et pas seulement en scope 1 et 2. Le scope 3 (fournisseurs, équipements des utilisateurs finaux) entre désormais dans le périmètre pour les entreprises les plus avancées dans le calendrier de déploiement.
Concrètement, les DSI et responsables RSE doivent collaborer pour collecter des données qui n’ont jamais été centralisées auparavant : consommation énergétique des serveurs, durée de vie des équipements, taux de renouvellement du parc, empreinte des services SaaS.
Des chiffres qui remettent en perspective
L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) prévoit le doublement de la consommation énergétique mondiale des data centers d’ici 2030, portée en grande partie par les modèles d’intelligence artificielle. Pour l’IA seule, la consommation aurait été multipliée par 10 entre 2023 et 2026.
En France, le numérique représente déjà entre 2,5 % et 4 % des émissions de GES nationales selon les méthodologies. Un chiffre qui continuera de progresser sans actions structurées.
Mesurer avant de réduire
L’erreur classique est de vouloir agir sans d’abord mesurer. Un bilan carbone IT rigoureux nécessite une méthodologie précise : identifier les périmètres d’émission, choisir des facteurs d’émission reconnus (Base Empreinte ADEME, GHG Protocol), et mettre en place un reporting régulier qui permettra de démontrer une trajectoire de réduction.
Le Benchmark Green IT 2026 — dont la restitution aux participants est en cours — met d’ailleurs en lumière les écarts considérables de maturité entre organisations. Celles qui ont anticipé la mesure plusieurs années avant la CSRD sont aujourd’hui bien mieux positionnées.
Se former pour être à la hauteur
La CSRD n’est pas qu’un problème de juriste ou de DAF. Les équipes techniques, les acheteurs IT, les chefs de projet doivent comprendre les enjeux de la sobriété numérique et savoir comment leur travail quotidien impacte le bilan carbone de l’organisation.
C’est exactement ce que nous travaillons dans nos formations sur le bilan carbone IT et le numérique responsable : poser les bases méthodologiques, comprendre les référentiels réglementaires, et traduire tout ça en décisions concrètes pour les équipes.


